Adieux à Emile Massard qui avait dans son cœur la montagne et la plaine

Gil. Colliard  |  Lundi 18 avril, dans l’intimité, la famille et les proches ont dit un dernier adieu à Emile Massard qui s’est paisiblement éteint à l’âge de nonante ans.
C’est dans la petite église de Châtillens, celle-là même où il célébra, en 1951, son mariage avec Bluette, que les derniers moments ensemble furent vécus. Le pasteur Jean-Jacques Raymond rappela le parcours de cet homme attachant.

Une vie d’homme de la terre laborieuse où la famille tenait une place importante.
Né au Sépey, dans le chalet des Fenêts, le 6 janvier 1926, le jour des Rois, aimait-il à rappeler, Emile Massard a vécu son enfance entouré d’un demi-frère, une demi-sœur, deux sœurs et un frère. Après l’école, il resta à travailler avec son père. Un beau jour de printemps 1950, son cœur chavira pour Bluette, dont le père avait acheté une montagne à la Pierre-du-Moëllé. Le 19 octobre 1951, elle devint son épouse, celle qui allait partager sa vie et lui donner une belle famille. Fernand naquit en 1952, suivi d’Irène en 1953, puis Pierre-André en 1955 et enfin Huguette en 1958. En 1959, Emile acheta la maison actuelle aux Thioleyres. Habile de ses mains, il en fera un foyer agréable. Pendant quatre années, la famille vécut en plaine, mais dès 1964, la vie prit un cours qui restera longtemps immuable: l’été à la montagne et l’hiver en plaine. Paysan dans les deux régions, son cœur est toujours resté attaché à son chalet d’où l’on voit les Tours d’Aï, le Chamossaire et les Dents-du-Midi. Durant toutes ces années, lors de la période des travaux des champs, il effectuera des allers-retours quotidiens: traire, descendre aux foins et remonter pour la deuxième traite. Une vie de labeur, d’amour de la montagne, de la terre, de la vie paysanne, valeurs qu’il a su transmettre aux siens. Doté d’un tempérament volontaire et décidé, Emile appréciait les choses simples et la nature sous toutes ses formes. Il avait le goût de la famille qui, au fil des ans, s’était agrandie avec 9 petits-enfants et 10 arrière-petits enfants. C’était un grand-papa vers qui l’on se sentait bien. Il prenait le temps de s’arrêter, de partager quelques instants sur sa galerie, près de la fontaine ou devant la maison autour d’un verre. Peu volubile, il savait utiliser les mots avec son timbre bien particulier et son regard souriant. «Tu viens au chalet?» disait-il, ce chalet magnifiquement fleuri où il aimait à y recevoir ses amis.
Les années se sont écoulées, en 1997 les dernières vaches ont été vendues, mais du bétail a continué à monter à la montagne en estivage. Avec le temps, le travail, le corps s’use. Il a bien fallu accepter la difficile décision de quitter la maison. La Faverge sera le lieu où il passera ses deux dernières années. Il a encore pu réaliser l’un de ses derniers souhaits: fêter ses 90 ans avant de s’en aller paisiblement vers d’autres vallées. A son épouse, sa famille et à ses proches, nous adressons toute notre sympathie.