A vau-l’eau

Nous vivons dans un monde globalisé, c’est indéniable. Par voie de conséquence, un produit qui marche localement est immédiatement distribué à l’échelle mondiale. Fini les petites PME à papa. Le responsable est viré sur-le-champ et remplacé par un directeur d’antenne locale, responsable de production chargé de distribuer le produit au plus grand nombre… Bon sang, mais c’est bien sûr! Si c’est bon, il faut absolument le partager, ça doit profiter au plus grand nombre. Fini les petites spécialités introuvables ailleurs que dans leur région de production, ces petites gourmandises dont on pensait la saveur attachée au produit lui-même, alors que le lieu – voire le voyage – en était la «saveur ajoutée» même… aah cette petite brise, ooh cette douce odeur de lavande, mmmh quel bonheur!…

Alors, on délocalise pour mieux centraliser autour de somptueuses métropoles dont le seul nom invite à la planification de vacances… tout le reste n’est que garniture. Le petit piquant local est devenu accessible à l’autre côté du monde, que pena !

Mais cela ne s’arrête pas là ma bonne dame! Même la météo y a droit, le changement climatique en est devenu global. Fini les microclimats, la météo ne répond plus à aucune règle ni aucune loi, Monsieur Météo en a perdu le contrôle!

A ce point, je tiens personnellement à m’excuser platement auprès de ceux qui ont lu l’éditorial du début du mois passé pour avoir annoncé «un bien joli mois de mai»: oui, je l’avoue avec sincérité, j’avais menti. Il ne faut pas toujours croire ce qui se trouve dans les journaux! Mais des mesures sont d’ores et déjà prises pour trouver le responsable de cette information non vérifiée, soyez en sûrs!

Y a plus de saison ma bonne dame, Monsieur Météo vous êtes viré !