« 50 nuances de regrets » Claude-Inga Barbey – Editions Favre

Qui ne connaît pas Claude Inga Barbey et sa langue bien pendue. Elle a déjà eu 1000 vies alors 50 nuances de regrets ce n’est pas beaucoup proportionnellement.

Monique Misiego. |. Ce qu’on aime chez elle, c’est qu’elle est comme nous, elle est des nôtres. On s’identifie, on rit avec elle, on est ému avec elle. Quand on l’écoute, ou plutôt quand on la lit, on a l’impression qu’elle est comme nous, qu’elle a les mêmes préoccupations que nous. Elle est comédienne, écrivaine, chroniqueuse. Elle a fait de de radio, du théâtre, du cinéma, de la mise en scène, des spectacles seule sur scène ou à deux, enfin bref, si vous voulez savoir tout ce qu’elle a fait, vous faites comme moi, wikipédia. Parce que la liste de ses nombreux talents serait trop longue. Ça, c’est le côté professionnel. Pour ce qui est du privé (nous ne sommes pas «Voici» non plus), on saura qu’elle est maman, pendulaire entre deux grandes villes et propriétaire d’un chien. C’est ce quotidien qui lui sert de fil rouge pour ses chroniques, c’est ce quotidien qu’elle décortique avec humour, ironie, sarcasmes parfois, mais ce quotidien nous fait furieusement penser au nôtre, ses failles, ses emmerdes, ses interrogations, ses agacements ressemblent aux nôtres,  mais elle ne tombe jamais dans le désespoir. Ces chroniques sont parues dans Le Matin Dimanche. Ce livre fait 176 pages, c’est peu diront certains, c’est beaucoup pour lire toutes les chroniques d’un coup. Pour ma part, je préfère le laisser à vue et en lire une quand j’ai un moment, quand j’ai besoin de rire ou de me changer les idées. 50 nuances de regrets, mais 52 chroniques. 2 en bonus. C’est tellement drôle. Il y en a pour tous les goûts. Sur le sexe, la burka, les codes d’accès, le bancomat, la maladie, l’AVS, Facebook, les réunions de parents, les assurances, les frontaliers, Easyjet, le sport, les vacances, la crèche, et j’en passe. Une de mes préférées, c’est celle sur les parkings, les parkings souterrains. Comme beaucoup, elle a un abonnement dans un parking souterrain. A force de passer tous les jours, elle s’est rendue compte qu’elle baissait la tête quand elle passait après que la barrière se soit relevée. Prête à consulter, elle a d’abord observé les autres. Et a constaté que toutes les femmes qui passaient baissaient la tête également. Juste un petit peu mais assez pour le percevoir. Observez-vous la prochaine fois que vous sortez d’un parking. Comme moi, vous vous rendrez compte que vous avez le même petit mouvement, à peine perceptible, mais bien réel quand-même. C’est toutes ces petites choses qui nous sont familières qu’elle décortique. C’est comme une meilleure amie, comme une sœur, de qui on se sent tellement proche quand on compare nos défauts. Manie très féminine, je vous l’accorde. Mais que ces messieurs se rassurent, d’autres chroniques vous parleront. Il suffit de trouver la sienne. Elle disait d’ailleurs dans un interview « Je suis une humoriste, et mon travail, c’est de consoler les gens, en leur disant par exemple: «Faites l’amour, pas les soldes…? Oui, mais il arrive un âge où on préfère faire les soldes.» Mon travail est de donner la force aux gens de rire d’eux-mêmes, en riant d’abord de moi-même. » Le livre n’est pas trop grand, ni trop épais, dont facilement transportable pour un petit moment de détente quand vous avez vraiment besoin d’un bon éclat de rire. Un livre qui devrait être remboursé par les assurances maladie!